Extrait d'un communiqué de presse de la commission des Finances du Sénat, on est le 26 mars 2008, l'ordonnance 2004-559 sur le contrat de partenariat public privé a un peu plus de quatre années :
"Faire de la consolidation des engagements financiers liés aux PPP dans la dette publique le principe, et la déconsolidation l’exception. Dans un contexte tendu pour les finances publiques, les risques d’optimisation budgétaire liés aux PPP existent. Si 15 % des investissements publics étaient réalisés en PPP et déconsolidés, on parviendrait à ce que 0,6 point de PIB annuel n’apparaisse pas dans la dette publique au sens de Maastricht. La recherche de la déconsolidation par les gestionnaires peut conduire à un transfert de risques excessif au partenaire privé, et ainsi augmenter les coûts. Dans ces conditions, l’amélioration apparente de la dette pourrait conduire à un « sous‑optimum » économique des contrats conclus par la personne publique. Ainsi au Royaume-Uni, 87 % des contrats public-privé, représentant 54 % des volumes investis, sont déconsolidés."
La suite, vous la connaissez.
Les prescriptions de l'ordonnance, les guides d'utilisation et d'application du contrat PPP ont toujours soigneusement précisé "l'avantage" comptable du recours au contrat de partenariat. En effet, à l'origine, le contrat de partenariat permettait de comptabiliser l'échéancier de paiement restant à payer par la personne publique dans la catégorie...hors bilan. Une astuce diront certains, une règle diront les autres, qui a fait couler beaucoup d'encre, nombre des détracteurs du contrat PPP pointant le recours artificiel au contrat PPP pour ce simple motif financier. Gageons dans ce cas que les finances publiques n'en sortaient certainement pas gagnantes à long terme.
Justifier le recours à ce type de contrat pour ce seul avantage était évidemment contestable. D'où l'arrêté du 16 décembre 2010, qui interdit désormais la dé-consolidation des PPP. Le critère "hors bilan" a du plomb dans l'aile...Le PPP devient une dette.
Sans prendre parti sur la véracité de l'argument des anti ou des pour, il y a (peut être ?) un élément sur lequel on sera forcément d'accord. Consolider le "puzzle" reviendra, pour les collectivités, à dégrader l'image des comptes publics. Je ne suis pas banquier mais le proverbe "on ne prête qu'aux riches" est bien souvent d'actualité.
Philippe Laurent pointait récemment les dangers qui guettaient les collectivités, en particulier le maintien du niveau de leur investissement dans le temps.
"....la capacité d’autofinancement du secteur public local est en baisse régulière depuis cinq ans, de l’ordre de 1 point par an. A ce rythme, dans moins de cinq ans, nous aurons atteint le niveau minimal d’autofinancement, avec les conséquences très sensibles sur le volume d’investissement, la réduction du niveau de service et l’augmentation de la dette publique locale, jusqu’à présent maîtrisée."
Donc, pour justifier une certaine transparence comptable, on prend le risque de réduire les marges d'investissement des collectivités, et donc les projets portés par les collectivités locales....
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